Située à l’extrême nord-est de la Floride, Jacksonville profite en moyenne de 221 jours d’ensoleillement par année. Mais même dans le Sunshine State, la pluie finit par tomber. En moyenne, Jacksonville reçoit environ 132 centimètres de pluie par an, dont la majeure partie pendant les mois d’été. Les jours de pluie, les quartiers situés à l’ouest du centre-ville sont souvent touchés par des inondations. Kiewit Infrastructure South Co. collabore avec la Ville de Jacksonville pour remédier à la situation, à l’approche de la fin de la phase 1A du projet d’amélioration et de restauration du canal de McCoys Creek. Cette phase représente environ 25 millions de dollars de travaux dans le cadre d’un projet global de 104,5 millions de dollars visant à « restaurer McCoys Creek à un état naturel et, ce faisant, atténuer les inondations permanentes et chroniques sur McCoys Creek Boulevard et dans les quartiers avoisinants ».

Recherche et restauration

L’objectif de Kiewit est de remplacer le canal rectiligne artificiel existant par un nouveau canal sinueux qui se comportera davantage comme une plaine inondable naturelle. Un ruisseau plus profond, de nouvelles zones de confinement de l’eau, notamment des lagunes et des bassins de marée, ainsi qu’un espace accru pour les eaux de ruissellement amélioreront le drainage dans le secteur. D’autres travaux, réalisés à l’extérieur du mandat de Kiewit, prévoient l’aménagement de pistes cyclables et de trottoirs afin d’offrir de nouvelles possibilités de loisirs aux résidents. Les travaux de construction ont débuté en octobre 2022 par le débroussaillage, l’assèchement et l’excavation en milieu humide, puis se sont poursuivis avec le terrassement, la construction de talus et la plantation de nouveaux végétaux. « Nous avons commencé par enlever la véritable jungle qui se trouvait là », explique Tim Clements, surintendant général de Kiewit. « Nous avons dégagé un secteur d’environ deux kilomètres et demi de longueur, sur à peu près 275 à 365 mètres de largeur. »

Abondance de la nature

Au fur et à mesure que la végétation était défrichée, une grande partie était conservée pour être réutilisée de diverses façons, notamment pour construire des structures dans le cours d’eau et des talus. Les plans produits par les ingénieurs de la Ville de Jacksonville, WSP/Black & Veatch, prévoyaient l’utilisation de matériaux organiques pour ces ouvrages afin de créer un habitat plus naturel. « Nous nous sommes rendu compte que nous pouvions utiliser uniquement les matériaux disponibles sur le site pour nos structures dans le cours d’eau et pour nos routes de transport, sans devoir importer quoi que ce soit », indique David Rood, chargé de projet chez Kiewit. Rood et son équipe ont travaillé en étroite collaboration avec les ingénieurs et les représentants de la Ville pour bien comprendre la conception structurelle. L’utilisation de matériaux organiques signifiait que les spécifications normatives habituellement détaillées dans les plans de conception n’étaient pas disponibles. « Il s’agit, à bien des égards, d’une conception adaptative, et c’est intentionnel », précise David. Nous nous sommes assurés de travailler avec l’ingénieur et le client pour bien saisir les aspects critiques de la conception et les mettre en œuvre sur le terrain. » Cela impliquait de connaître, par exemple, la dimension des billots requis à des points clés comme les contreforts, ou encore l’angle exact auquel ils devaient être installés pour que l’ouvrage se comporte comme prévu.

Construire comme des castors

« La meilleure façon de décrire ces travaux, c’est de dire que l’on construit presque comme des castors », illustre David. « On regarde un grand tas de billots, on se dit “Ah, celui-ci ira parfaitement à cet endroit”, puis on assemble l’ensemble pour que tout s’emboîte correctement et respecte l’intention du concepteur. Nos équipes sur le terrain se sont vraiment investies et ont adoré ça. C’était assurément une manière différente de construire. »


Un autre élément clé de la conception est la pente stabilisée et renforcée par de la végétation (VRSS). « Ces murs végétalisés suivent une pente de 1:1 à partir du lit du ruisseau et atteignent par endroits près de 5,5 mètres de hauteur », explique Tim. David décrit comment la pente stabilisée renforcée par la végétation est construite à l’aide d’un mélange de terre et de copeaux de bois, eux-mêmes issus des résidus d’essouchement du site. Le mélange de copeaux de bois, de tourbe et de remblai structurel varie selon la couche de la pente où l’on se trouve, précise-t-il. Le drain de pied contient environ 10 % de copeaux de bois, et les couches supérieures intègrent de 5 à 10 % de matières organiques provenant du ruisseau. » Viennent ensuite la géogrille et les nouvelles plantations. « Les plantes sont installées entre les différentes couches et, à mesure qu’elles poussent, elles contribuent à renforcer le mur », ajoute l’ingénieur de chantier Matthew Elder. En plus de construire ces éléments de conception uniques, l’équipe était responsable des travaux d’assainissement des cendres présentes sur le site. Au total, 55 000 tonnes de matériaux ont été retirées.

La pluie dans le Sunshine State

La pluie qui a motivé le projet a également mis l’équipe à l’épreuve. « C’est un secteur très marécageux et très humide pour y travailler », indique David. « Le ruisseau sur lequel nous intervenons draine un bassin versant de plus de 13 kilomètres carrés. C’est un peu comme travailler au fond d’une baignoire. Nous avons dû faire preuve de beaucoup de stratégie pour assécher la zone après chaque pluie afin de pouvoir reprendre les travaux de façon productive. » Matthew décrit certaines des mesures adoptées par l’équipe pour s’adapter aux conditions, notamment l’épandage de copeaux de bois pour maintenir les routes d’accès, soit une autre façon de réutiliser les résidus d’essouchement, l’utilisation de barrages et de pompes pour assécher les zones de travail et la pose de tapis de grue pour faciliter l’accès de l’équipement. « J’ai énormément appris sur la manière de travailler dans des conditions humides, sur la gestion de l’accès pour l’équipement et sur bien d’autres aspects », souligne Matthew. « Je retire beaucoup de leçons de ce projet, mais celle-là est certainement l’une des plus importantes. » Matthew, David et Tim partagent aussi une autre conclusion, que l’on entend souvent chez Kiewit : ce sont les gens qui font le projet. « Certains membres sont restés pendant toute la durée des travaux, d’autres sont arrivés puis repartis, mais, dans l’ensemble, nous avons eu des équipes exceptionnelles et une éthique de travail remarquable », souligne Tim. « Je suis très fier de faire partie de ce projet. Les relations entre les équipes, la direction et la Ville de Jacksonville ont été excellentes. C’est un projet dont on peut être fier. »